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Lunettes de soleil, la grande “infox”

santé 08 Aug 2016 Actualités

D’après certains, les verres sombres ne seraient pas l’assurance d’une meilleure protection. Et pourtant si, ou presque. Décryptage d’une "infoxication".

Enfant avec une paire de lunettes

En ce milieu d’été pourtant bien maussade, plusieurs articles, reportages par exemple France Info évoquent ainsi le risque UV sur nos yeux et la fiabilité des lunettes de soleil : "Contrairement aux idées reçues, les verres sombres ne sont pas l’assurance d’une meilleure protection." Cette affirmation nécessite de notre part quelques précisions.

En théorie, il est vrai qu’une filtration de la lumière visible n’est pas forcément synonyme de filtration des rayons UV invisibles. Mais en réalité, il est inutile d’alerter les foules sur le risque de déséquilibre que présenteraient des lunettes de soleil. Pourquoi ? Parce que ces lunettes n'existent tout simplement pas. Le matériau aujourd'hui massivement utilisé pour fabriquer des lunettes de soleil est le polycarbonate, autrement appelé plastique. Et il se trouve que, même sans teinte, le polycarbonate est un bon anti UV. Dès qu'il est teinté, il bloque 99 à 100 % des rayons ultra-violets. Les tests récents le prouvent : même les lunettes bon marché, vendues en grande surface ou à la sauvette, protègent efficacement des UV.

Pourquoi continue-t-on alors d’alerter le public sur cette question ?

Principe de précaution, avanceront certains. Effectivement, il faut bien reconnaître que la législation européenne sur les lunettes de soleil est née de la mise sur le marché d’un modèle qui filtrait bien le visible et laissait passer simultanément des UV.  Mais cela remonte à plus de 15 ans. Le modèle était en verre (qui filtre beaucoup moins les UV que le plastique) et signé par une marque très réputée, qui l’avait conçu pour des conditions d’utilisation bien particulières et qui, surtout, s’est empressée de le retirer de la vente dès qu’ont été perçus les risques encourus. Depuis toutes les enquêtes menées sur cette question de la filtration des UV ont montré que les lunettes étaient conformes à la législation et donc au besoin de protection contre les UV.

Quel mal y a-t-il à « suralerter » ?

En communiquant ainsi sur ce risque, on incite le consommateur à se rendre dans des circuits de distribution perçus comme étant de qualité, on le détourne malheureusement de produits faciles à trouver, peu onéreux et pourtant efficaces.

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