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LE TOP 15 DES IDÉES REÇUES

Dans le domaine de la santé, il est parfois difficile de se retrouver aujourd'hui dans cette forêt de messages contradictoires émis par des experts de bonne volonté mais aussi par des organisations dont le but premier est loin d'être l'intérêt général. Difficile aussi de faire la part des choses entre ce que nous dicte le bon sens et des informations auss bien fondées que contre intuitives. Ce Top 15 des idées reçues devrait vous aider à vous y retrouver...

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Le Soleil est dangereux quand il fait chaud !

Bien sur les fortes chaleurs peuvent être dangereuses pour la santé (coup de chaleur, déshydratation), en particulier pour certaines catégories de la population qui peuvent avoir des difficultés à réguler leur température corporelle comme les jeunes enfants, les personnes âgées, les personnes présentant des comorbidités (surpoids, hypertension, troubles cardiovasculaires…) et/ou prenant certains traitements thérapeutiques…

Mais ces fortes chaleurs ne sont pas particulièrement liées à l’intensité du rayonnement solaire. Le soleil n’est pas plus « actif » ou puissant pendant les vagues de chaleur. D’ailleurs, en période de canicule, les pics de températures sont observés plutôt en milieu d’après-midi qu’au midi solaire, moment où le Soleil et son rayonnement déclinent déjà depuis un moment.

Les rayons du soleil qui sont responsables des effets néfastes sur la santé sont les ultraviolets (UV). Ces rayons sont « froids », ils ne provoquent pas de chaleur. Quand on s’élève en altitude l’intensité des UV augmente (env. 10 % tous les 1000m) alors que la plupart du temps la température diminue… Lorsqu’il y a du vent ou lorsqu’on se baigne, nous ressentons une certaine fraicheur, mais la quantité d’UV que nous recevons n’en est pas pour autant diminuée.

En réalité, le soleil est dangereux quand il est haut car ses rayons traversent alors une fiche couche d’atmosphère et sont donc peu filtrés. Le bon indicateur pour savoir s’il y a un risque ou non à être exposé au soleil, est par conséquent la taille des ombres. Lorsqu’elles sont courtes il y a danger, quelle que soit la température, réelle ou ressentie.

Lire aussi Le sprectre solaire

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Au printemps, il y a moins d’UV qu’en été !

Faux, le 20 avril il y autant d’UV que le 20 août. Comment deux idées fausses se conjuguent pour en fabriquer une troisième.

Première idée fausse : en été, la Terre est plus près du Soleil c’est pour cela qu’il fait plus chaud et que c’est l’été. A force de présenter le parcours de la Terre du Soleil comme une ellipse ovale, on génère ce genre de croyance. En fait, le parcours de la Terre autour du soleil ressemble comme 2 gouttes d’eau à un cercle et on peut considérer cette distance entre la Terre et le Soleil comme quasi- constante tout au long de l’année. En fait, cette distance varie de 4 millions de km, ce qui peut paraitre beaucoup, sauf que la distance moyenne est de 150 millions de km donc 4 millions sur 150, cela fait très peu (c’est même imperceptible à l’œil nu). En plus, il se trouve que la Terre est au plus loin du Soleil au mois de juillet. La distance Terre Soleil est donc à peu de chose près la même tout le temps, et n’explique pas le phénomène des saisons, ni à fortiori l’élévation des températures en été… Vous n’avez pas tout compris ? Jamy vous réexplique

Deuxième idée fausse : l’été commence le 21 juin. Certes, si l’on se réfère à notre calendrier, c’est difficile de dire le contraire, quoique, il arrive que cela soit le 20 ou le 22. Mais en fait le 20, 21 comme le 22 juin devraient plutôt être considérés comme le milieu de l’été. C’est d’ailleurs le cas dans le calendrier chinois. Pourquoi cela ? La Terre, qui est ronde et tourne sur elle-même autour d’un axe incliné, oriente au maximum de l’année son Hémisphère nord vers le Soleil le 21 juin. C’est le moment où elle en reçoit un maximum d’énergie. Et comme la Terre tourne autour du soleil, le long d’un cercle quasi parfait, son orientation face au soleil est identique de part et d’autre du solstice. Par exemple, un mois avant le solstice, la Terre est orientée face au Soleil de la même façon qu’un mois après. Cette autre vidéo de Jamy vous explique ça très bien aussi.

Ces deux idées fausses forment la troisième : « Je risque plus de prendre des coups de soleil, en été qu’au printemps. Puisque c’est l’été, que la Terre est plus près du Soleil, et qu’il fait plus chaud… »

Et non, tout ceci est faux. Le coup de soleil est lié à l’intensité du rayonnement UV, laquelle n’est pas corrélée à la température, mais à la position du soleil dans le ciel ! Ainsi le 20 mai, un mois avant le solstice, le niveau d’UV est identique à celui observé le 20 juillet, un mois après le solstice (bien sûr à type de ciel égal). Idem pour le 20 avril et le 20 aout, le 20 mars et le 20 septembre etc.. Ceci vous explique sans doute quelques souvenirs de coups de soleil douloureux, attrapés lors d’un week end de printemps, sans rien avoir senti venir.

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Les nuages laissent passer les UV ! S’il y a des nuages, je ne risque rien !

Les 2 idées sont presque aussi fausses l’une que l’autre. En fait, tout dépend du type de nuage.

Lorsque le « ciel est bas », que les nuages sont épais et sombres, pas la peine de s’inquiéter, plus des ¾ des rayons, sont absorbés par les nuages et n’atteignent pas le sol. De ce fait le rayonnement au sol est faible voire nul. Aucun besoin de protection pour la très grande majorité d’entre nous.

A l’inverse, lorsque le ciel nous apparait « voilé », il faut être très conscient que malgré l’impression de sécurité (il fait moins chaud, la luminosité est atténuée), le rayonnement UV peut être très élevé. Ce type de nuages ne filtre que très peu les UV, méfiance.

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Pour se protéger, il faut crémer, crémer et crémer !

Non, non, et non ! La première des protections c’est d’abord de savoir identifier les situations à risques ? Puis, le cas échéant, il faut prioritairement

Enfin, et uniquement enfin, oui il faut se crémer soigneusement, là où les vêtements ne couvrent pas, avec une crème IP30, éventuellement 50 ou 50 + pour des conditions extrêmes.

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La crème, faut en mettre beaucoup pour que ça protège !

Non ! En revanche il faut en mettre souvent et soigneusement partout sur les zones non couvertes par les vêtements.

Cette idée qu’il faudrait mettre beaucoup de crème vient du protocole adopté par les laboratoires pour tester les produits. Une crème IP 30 par exemple, promet de bloquer 97 % des UV ! mais si et seulement si on applique 2mg/cm² de produit. Ce qui revient à environ une balle de golf ou encore le quart d’un tube de 200ml pour un corps entier. Ceci est irréaliste tant sur le plan économique que pratique. C’est tout simplement trop inconfortable, on se sent « poisseux ». Si le produit est un peu liquide, il coule…etc. Mais surtout, dans la vraie vie, hormis quelques très rares individus, personne n’a besoin de bloquer 97 % des UV ! Une crème IP 30 appliquée « normalement » va bloquer environ 85 / 90 % des UV ce qui est amplement suffisant dans la plupart des situations.

Mais attention, la crème ne protègera pas du tout là où l’on a oublié d’en appliquer. Et son efficacité est limitée dans le temps : 2 heures, rarement plus, très souvent moins lorsque nous transpirons, nous baignons, nous nous essuyons etc… Donc la crème, oui, mais, en complément de la protection vestimentaire, IP 30 ou plus, pas en couche énorme mais appliquée soigneusement et souvent.

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Une crème IP50 protège 2 fois plus qu’une crème IP25

Pour ceux qui croyaient être fort en maths, c’est raté ! une crème 50 n’est pas du tout, mais alors pas du tout 2 fois plus efficace qu’une crème IP25.

Voici pourquoi : en laboratoire, un IP 50 divise par 50 la quantité d’UV qui atteint la peau. Il passe donc 2% des UV et 98% sont stoppés. Pour un IP 25, toujours en laboratoire, ce sont donc 4% des UV qui passent et 96 % qui sont stoppés. Ramenés à des conditions réelles d’application (lire La crème, faut en mettre beaucoup pour que ça protège), les pourcentages d’UV bloqués seront respectivement d’environ 90/95 % pour l’IP 50 et de 80/85 % pour l’IP 25.

Cette protection s’avère donc très efficace dans les 2 cas, mais attention uniquement là où l’on a appliqué le produit, et pour un temps limité : 2 heures, rarement plus, souvent moins lorsque nous transpirons, nous baignons, nous nous essuyons etc…

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La crème, ça empêche de bronzer !

Mais non ! La crème, c’est un filtre, une passoire en quelque sorte. Alors bien sûr, à exposition égale, on reçoit moins d’UV avec que sans crème. Mais justement, cela diminue surtout de ce fait, le risque de coup de soleil, qui est synonyme de disparition rapide du bronzage puisque, comme chacun sait, après avoir un reçu un coup de soleil, on pèle…

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Pour me protéger des UV, je privilégie des vêtements sombres !

Se protéger avec des vêtements sombres est une mauvaise idée, en tout cas en été puisqu’évidemment, ils chauffent ! Mais alors d’où vient ce message qu’on voit surgir régulièrement depuis quelques années, y compris sur des sites sérieux comme celui de la Mutualité Française ARA ou encore celui du Syndicat des dermatologues français. En dehors du malin plaisir qu’éprouvent certains « experts » ou journalistes à vous expliquer le contraire de ce que vous preniez pour acquis, voici les origines de cet étonnant conseil.

D’une part, l’image que nous avons des touareg, habillés tout en bleu dans le désert est effectivement troublante. L’explication de leur choix vestimentaire est certes très savante mais pas du tout en lien avec la protection contre les UV. Pour la résumer : dans les conditions extrêmes du Sahara, les touareg portent en fait 2 couches de vêtements : des clairs collant à la peau, des sombres amples par dessus, pour créer un « rafraichissant » courant d’air entre les 2. Bon, en fait, c’est un chouia plus compliqué que cela, mais à peine. L’excellent site de Pour la sciences vous dit tout.

D’autre part, lorsque l’on compare la protection contre les UV que peuvent apporter différents types de vêtements, on s’aperçoit qu’effectivement, les sombres protègent plus mais la différence est très faible. Voici les chiffres et leur trompeuse apparence : Un vêtement en coton clair présente généralement un UPF (Ultraviolet Protection Factor) de l’ordre de 8 ou 10 alors que le même coton en foncé peut présenter un UPF de 15, 20 voire de 30, ce qui peut paraitre à première vue 2 ou 3 fois mieux. Oui mais non ! La différence n’est pas du tout de ce type. Pour prendre des chiffres simples, un UPF de 10 (notre coton blanc) divise par 10 la quantité d’UV reçue par la peau. Exprimé en pourcentage, cela signifie 10 % d’UV qui traversent le vêtement et donc 90% qui sont bloqués. Pour un UPF de 20, c’est 5 % des UV qui passent et 95 % qui sont arrêtés. En d’autres termes, la protection qui peut être gagnée en privilégiant un vêtement sombre à un vêtement clair s’élève à… pas grand-chose, quelques pourcents. Quelques pourcents qui peuvent s’avérer précieux dans des conditions très particulières, par exemple si vous avez une peau hyper sensible, prenez des médicaments photo-sensibilisants et prévoyez de randonner en Himalaya l’été prochain. En population générale, conseiller de porter un vêtement sombre est dénué de tout fondement, possiblement dangereux pour des personnes sensibles à la chaleur comme les jeunes enfants, personnes âgées et/ou souffrant de trouble cardiovasculaires ! Il vaudrait bien mieux alerter sur la perte d’efficacité du vêtement lorsqu’il est mouillé. Lors d’une baignade, votre tee-shirt en coton blanc ou sombre peut en effet voir son UPF chuter gravement ! et laisser passer près de la moitié des UV, ce qui peut s’avérer, pour le coup, très insuffisant.

Lire aussi Pourquoi les touaregs s’habillent en bleu foncé

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Les UV en cabine et les autobronzants, ça prépare bien la peau !

Non ! Les lampes à bronzer sont avant tout reconnues comme cancérigènes. Tellement cancérigènes que la loi française interdit aux centres de bronzage de faire référence à un quelconque bénéfice pour la santé dans leur communication.

Le bronzage, qui peut apparaitre sous l’action de ces lampes n’est que faiblement protecteur car elles n’émettent presque que des UVA qui sont des rayons qui n’entrainent pas ou peu d’épaississement de l’épiderme.

Concernant les autobronzants, c’est différent, car ces produits sont inoffensifs pour la santé. Mais attention : s’ils donnent une teinte à la peau grâce aux colorants qu’ils contiennent, ils ne la protègent pas ! Pour ceux qui ont la peau naturellement mate, ils peuvent être considérés comme une solution pour patienter au début des vacances et donner le temps au bronzage naturel d’apparaitre.

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Les UV, c’est bon pour le moral

Non, les rayons qui peuvent avoir un effet sur notre moral ne sont pas les UV mais la lumière visible. C’est par les yeux et le nerf optique principalement que notre cerveau active ou désactive la production d’hormones qui peuvent avoir effectivement des effets sur notre humeur.

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Faire des UV, c’est bon pour mon taux de vitamine D.

Non plus, encore tout faux. Les UV artificiels, très principalement des UVA, n’ont pas ou que très très peu d’effet sur la synthèse de vitamine D par l’organisme. Ce sont plus les UVB qui sont principalement responsables de la synthèse de vitamine D.

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Un petit coup de soleil de temps en temps, c’est pas trop grave !

Cela peut effectivement paraître anodin d’attraper un léger coup de soleil. Mais non, cela ne l’est résolument pas, en tout cas si cela se répète, en particulier pendant l’enfance. Toutes les études épidémiologiques sont formelles et concordantes, répéter des coups de soleil augmente le risque de développer, des années plus tard, un ou des cancers de la peau. L’augmentation de ce risque est d’autant plus forte que ces coups de soleil surviennent pendant l’enfance, sont fréquents et/ou graves.

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Je suis obligé de passer par le coup de soleil pour bronzer.

Non, passer par le coup de soleil pour bronzer est un bien mauvais calcul. Premièrement, il faut être conscient que le bronzage est une réaction de défense de la peau face à l’agression que constitue son exposition aux UV. Deuxièmement, si l’on prend un coup de soleil, qui est aussi un signe de l’agression subie, on va peler… et lorsqu’on pèle, c’est le bronzage qui part en lambeaux… Donc le plus raisonnable c’est de ne pas chercher à bronzer… Et si on y tient vraiment, le mieux à tous les points de vue, est de s’exposer progressivement pour obtenir son hale sans coup de soleil…

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Une fois bronzé, plus besoin de se protéger

Certes, une peau bronzée est moins susceptible d’attraper des coups de soleil. Mais « toute exposition au soleil, même sans brûler, favorise le renouvellement cellulaire donc accélère la disparition du bronzage et le vieillissement cutané. » Même bien hâlé, on respecte donc les consignes : pas de soleil entre 12 et 16 h, sans la panoplie chapeau, lunettes, tee-shirt et crème.

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Avec le réchauffement climatique, les roux ont du souci à se faire

Non, nous avons tous du souci à nous faire. Mais le réchauffement climatique n’est pas synonyme d’augmentation des UV auxquels sont effectivement plus sensibles les individus à peau très claire dont font partie naturellement les « roux ».

Comme le montrait récemment le Programme des Nations Unies pour l’Environnement et les experts du GIEC, il y a même des raisons d’être optimiste sur l’état de la couche d’ozone et donc sur l’intensité du rayonnement UV qui ne devrait pas suivre l’évolution des températures au cours des prochaines années.