Les expositions solaires professionnelles en Italie
Les tableaux italiens des maladies professionnelles dans l’industrie et l’agriculture ont été révisés en 2023 (1).
Dans le secteur agricole, la rubrique consacrée aux « maladies causées par l’action des rayonnements solaires » comprend les kératoses actiniques (L57.0) ainsi que les épithéliomes cutanés des zones photo-exposées (C44). Sont concernés les travaux effectués habituellement et systématiquement en extérieur. Le délai maximal d’indemnisation après cessation de l’exposition est de deux ans pour les kératoses actiniques et illimité pour les épithéliomes cutanés (1).
Le tableau applicable à l’industrie prévoit également la reconnaissance des kératoses actiniques et des épithéliomes cutanés des zones photo-exposées causés par les rayonnements ultraviolets. Les activités concernées comprennent les travaux exposant aux rayonnements UV mais également les travaux effectués habituellement et systématiquement avec exposition au rayonnement solaire (1). L’exposition professionnelle aux UV solaires est donc explicitement prise en compte dans les deux grands tableaux italiens, agriculture et industrie.
Parallèlement aux tableaux ouvrant droit à une présomption d’origine professionnelle, l’Italie dispose d’un système de listes des maladies pour lesquelles la déclaration est obligatoire. Ces listes ont été actualisées par le décret du 15 novembre 2023, publié au Journal officiel italien le 13 janvier 2024 (2).
Dans la Liste I, correspondant aux maladies dont l’origine professionnelle est considérée comme hautement probable, figurent notamment :
La situation est différente pour le mélanome cutané lié aux rayonnements solaires. Entre 2008 et 2014, celui-ci figurait dans la Liste II des maladies dont l’origine professionnelle était considérée comme de probabilité limitée. Il en a été retiré lors de la révision de 2014 et n’a pas été réintroduit comme mélanome lié au rayonnement solaire dans l’actualisation publiée en 2024. Il ne figure pas non plus dans les tableaux des maladies professionnelles liées au rayonnement solaire (2)(3). Cela n’exclut cependant pas une reconnaissance individuelle. L’INAIL a publié en 2024 un document spécifiquement consacré au mélanome cutané professionnel dû aux rayonnements solaires, qui décrit les critères permettant d’évaluer le lien de causalité : activité exercée en extérieur, niveau et durée de l’exposition, localisation et caractéristiques du mélanome, latence ainsi que les autres facteurs de risque individuels (3). La reconnaissance repose alors sur une appréciation médico-légale du lien entre l’exposition professionnelle et la pathologie, sans bénéficier de la présomption accordée aux maladies « tabellate ».
La réglementation italienne impose également aux employeurs d’évaluer le risque lié au rayonnement solaire. Même si les dispositions spécifiques du titre VIII du D.Lgs. 81/2008 relatives aux rayonnements optiques concernent principalement les sources artificielles, l’article 28 impose à l’employeur d’évaluer l’ensemble des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs. Une exposition professionnelle significative au rayonnement solaire doit donc être intégrée à l’évaluation des risques et donner lieu à des mesures de prévention et de protection adaptées (4).
Ces mesures peuvent notamment comprendre l’organisation des horaires afin de réduire les expositions les plus importantes, la création de zones ombragées, le port de vêtements et de protections de la tête adaptés, des lunettes filtrant les UV, la protection des zones découvertes ainsi que l’information, la formation et la surveillance sanitaire des travailleurs.
En juin 2025, la Conferenza delle Regioni e delle Province Autonome a également examiné et adopté des lignes directrices pour la protection des travailleurs contre la chaleur et le rayonnement solaire, afin d’harmoniser les mesures de prévention sur le territoire italien (5).
Bibliographie :
(4). Portale Agenti Fisici. Normativa rischio UV solare (site). s.d. (consulté le 05 sept. 2026).