UV solaires ou artificiels : que dit l’Anses sur le mélanome oculaire ?
Dans son avis consacré aux cancers associés à l’exposition professionnelle aux rayonnements ultraviolets (UV), l’Anses conclut à l’existence d’un lien avéré entre l’exposition professionnelle aux UV et la survenue de plusieurs cancers cutanés : les carcinomes épidermoïdes cutanés, les carcinomes basocellulaires cutanés et les mélanomes cutanés. Elle a par ailleurs examiné le cas du mélanome oculaire. Mais, contrairement aux cancers cutanés, sa conclusion concerne spécifiquement les expositions aux UV artificiels issus du soudage.
L’Anses s’appuie sur les évaluations du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui a étudié les liens entre les activités de soudage et le mélanome oculaire.
En 2012, le CIRC avait identifié une association entre le soudage et ce cancer, sans pouvoir attribuer spécifiquement ce risque aux UV.
En 2018, une nouvelle évaluation a notamment pris en compte des études montrant une augmentation du risque associée aux brûlures oculaires, ainsi qu’une relation dose-réponse avec l’exposition professionnelle cumulée aux UV artificiels incluant le soudage. Les expositions au soleil et aux appareils de bronzage ne permettaient pas d’expliquer les associations observées chez les soudeurs.
Sur la base de l’ensemble des données disponibles, le CIRC a conclu que les rayonnements UV émis lors du soudage provoquent des mélanomes oculaires.
L’Anses reprend cette conclusion et retient une « relation causale avérée entre l’exposition professionnelle aux rayons UV provenant du soudage et le risque de survenue de mélanome oculaire » (avis, p. 27).
L’Anses rappelle également que le CIRC a observé une association positive entre l’exposition au rayonnement solaire et le mélanome oculaire, principalement pour les localisations au niveau de la choroïde et du corps ciliaire.
Toutefois, l’expertise de l’Anses n’évalue pas spécifiquement la relation causale entre l’exposition professionnelle aux UV solaires et le mélanome oculaire.
La recommandation de reconnaissance en maladie professionnelle est donc limitée aux « travaux exposant aux UV issus du soudage ».
Cette distinction est importante : l’absence de recommandation pour les travailleurs exposés au soleil ne signifie pas que le rôle des UV solaires dans le mélanome oculaire est écarté, mais que ce lien professionnel n’a pas été évalué dans le cadre de cette expertise.