« Été Oh! Parcs » : à Grenoble, la prévention solaire au plus près du public
Depuis trois ans, la Ville de Grenoble profite de l’événement « Été Oh! Parcs ». Cet été encore, l’équipe du Pôle Santé-Précarité du Service Promotion de la Santé va à la rencontre du public au parc Paul-Mistral pour sensibiliser petits et grands aux risques liés à l’exposition aux UV.
Juliette Abolivier, responsable du Pôle Santé-Précarité, revient sur cette expérience de terrain et sur les questions qui préoccupent le public.
Pourquoi avoir installé un stand consacré à la prévention solaire pendant Été Oh! Parcs ?
“Cela fait maintenant trois étés que nous proposons cette action au parc Paul-Mistral. “Été Oh! Parcs” rassemble de nombreux Grenoblois autour d'activités culturelles et sportives : c'est donc un endroit particulièrement intéressant pour parler de prévention solaire directement avec les habitants.
Cette année, nous sommes présents deux fois par semaine, tout au long de l’été. Nous accueillons en moyenne 30 à 60 personnes par session, dont plus de la moitié d'enfants.
On a de plus en plus de monde chaque année, les gens sont vraiment très préoccupés par cette question.”
Comment abordez-vous un sujet qui peut parfois sembler assez technique ?
“Nous essayons justement de rendre la prévention très concrète et ludique. Sur le stand, les visiteurs peuvent découvrir une grande échelle de l'Index UV, des tee-shirts anti-UV ou encore différents jeux : gommettes UV, Jeu du Soleil en grand format, memory sur le soleil, planche « Où est Charlie à la plage ?»…
Des dépliants de l’association Sécurité Solaire et des cartes fraîcheur de la ville et du CCAS sont également mis à disposition.
Nous proposons en libre service des goodies comme des éventails, des Incollables Vivre avec le Soleil et un livret de jeu de l’INCa. Aussi, des bracelets UV, casquettes ou crèmes solaires peuvent être gagnés au cours des animations.
Le jeu permet notamment d'engager facilement la discussion avec les enfants.”
Voyez-vous une différence entre les enfants et les adultes ?
“Oui, et c'est assez frappant. Comme le résume Juliette Abolivier : « Les enfants ont déjà en tête les bons comportements à adopter, là où les adultes sont en train de les adopter.»
Plusieurs adultes nous ont d'ailleurs dit être contents que les enfants soient aujourd'hui davantage sensibilisés à ces questions, contrairement à ce qu'eux-mêmes ont connu lorsqu'ils étaient jeunes.
Nous rencontrons également beaucoup d'adultes qui connaissent les recommandations… mais reconnaissent avoir encore du mal à les appliquer à eux-mêmes au quotidien.”
Quelles sont les interrogations qui reviennent le plus souvent ?
“La crème solaire est probablement le sujet qui génère le plus de questions. À quelle fréquence faut-il en remettre ? Faut-il choisir une crème, un spray, un lait ou un stick ? Quelle différence entre filtres minéraux et organiques ? Peut-on conserver un produit d'une année sur l'autre ? Les visiteurs s'interrogent aussi beaucoup sur la composition des produits.
Nous constatons également un intérêt croissant pour les petits formats, jugés plus pratiques. Le stick solaire, au format proche d'un baume à lèvres, semble lui aussi de plus en plus apprécié. Pour certains jeunes animateurs d'Été Oh! Parcs, le prix des produits reste toutefois un frein.
Ces échanges sont aussi l'occasion de rappeler que la crème solaire est un complément de protection, à appliquer sur les parties du corps qui restent découvertes. Lorsque les UV sont forts, la priorité reste de rechercher l'ombre et de se protéger avec des vêtements couvrants, un chapeau à larges bords et des lunettes enveloppantes.”
Quels sont les points qui semblent encore mal compris ?
La confusion entre température et intensité du rayonnement UV reste très présente. Ce sont pourtant deux phénomènes différents. Une journée fraîche peut présenter un Index UV élevé et, à l'inverse, les heures les plus chaudes d'une journée ne correspondent pas nécessairement au moment où les UV sont les plus forts.
Plus généralement, le niveau de connaissance reste très variable d'une personne à l'autre, qu'il s'agisse de l'Index UV ou des différents moyens de protection.
C'est précisément tout l'intérêt d'aller à la rencontre du public : partir des pratiques et des questions de chacun pour transmettre des repères simples et immédiatement applicables.
Les discussions dépassent-elles parfois le cadre des loisirs ?
“Oui. Nous avons par exemple échangé avec un géomètre qui nous expliquait qu'au début de sa carrière, il se protégeait du soleil pendant ses loisirs mais pas lorsqu'il travaillait.
Avec le temps, il a adopté les mêmes réflexes dans sa vie professionnelle, notamment le port d'une casquette et l'utilisation de crème solaire. Il estime qu’aujourd'hui la crème solaire devrait être un EPI des géomètres.
Une autre personne nous a parlé de son mari, ancien chauffeur routier ayant travaillé pendant des années, notamment en montagne, et qui venait de faire examiner deux taches apparues sur son visage.
Ces témoignages montrent que l'exposition aux UV ne concerne pas uniquement la plage ou les vacances : elle peut aussi être quotidienne et professionnelle.”
Le stand permet-il de créer d'autres relais de prévention ?
“Oui. Plusieurs institutrices et professeures de collège se sont montrées particulièrement intéressées par les activités proposées. Nous avons pu les orienter vers La Sécurité Solaire et son programme pédagogique Vivre avec le Soleil, afin qu'elles puissent à leur tour travailler sur ces questions avec leurs élèves.
C'est aussi l'un des intérêts de ce type d'action : une discussion de quelques minutes dans un parc peut ensuite trouver un prolongement à l'école, dans une famille ou sur un lieu de travail.”
Au parc Paul-Mistral, la prévention se veut avant tout accessible. Chapeau sur la tête, jeux sur la table et discussions à l'ombre des arbres : le sujet est sérieux, mais l'approche reste conviviale.
Pendant tout l'été, l'équipe grenobloise rappelle ainsi les principes essentiels : observer son ombre pour évaluer simplement la hauteur du soleil, rechercher l'ombre lorsque les UV sont forts entre 12h et 16h, porter des vêtements couvrants, un chapeau et des lunettes, puis appliquer une crème solaire sur les zones qui restent découvertes.