L’ANSES rend un avis favorable à la reconnaissance des cancers de la peau comme maladie professionnelle. La Sécurité Solaire appelle à l’action.
Jeudi 15 octobre 2026
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Ce jeudi 15 octobre 2026, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) émet un avis favorable décisif pour l'inscription des cancers de la peau aux tableaux des maladies professionnelles (MP). L'association Sécurité Solaire, porteuse du programme Soleil & Santé au Travail, salue cette avancée et appelle les pouvoirs publics et les partenaires sociaux à mettre en application ces recommandations dans les meilleurs délais pour protéger les 3,5 millions de travailleurs exposés aux UV.
Les rayonnements ultraviolets solaires sont classés comme cancérogènes certains (groupe 1) par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Les 3 types de cancers cutanés sont concernés :
Pour l'ensemble de ces cancers cutanés, l'ANSES conclut à une « relation causale avérée » avec l'exposition professionnelle aux UV. Or, en France, ce sont environ 3,5 millions de travailleurs, dont plus de 2 millions d'ouvriers (BTP, agriculture, voirie, métiers de la mer, sécurité), qui subissent quotidiennement cette exposition !
Rien que pour le cancer cutané de type épidermoïde (CEC), les conséquences sont lourdes : on estime entre 28 000 et 49 000 le nombre de nouveaux cas annuels en France, provoquant 300 à 1 000 décès. L'OMS et l'OIT estimant qu'un tiers environ des décès par CEC dans le monde sont liés à l'exposition professionnelle, on peut raisonnablement estimer qu'en France, 130 à 340 décès par CEC seraient, chaque année, imputables au travail en extérieur.
À l'échelle mondiale, le nombre de décès attribuables aux expositions professionnelles aux UV, de l'ordre de 20 000 aujourd'hui, a doublé en vingt ans (2000-2019). Il est l'équivalent du nombre de décès attribuables aux fortes chaleurs. L'OMS et l'OIT recommandent d'ailleurs de faire évoluer les réglementations pour tenir compte du changement climatique. Et pour cause : le rayonnement UV solaire reçu au sol est à la hausse et, avec l'élévation des températures, les professionnels ont tendance à se découvrir et augmentent ainsi la surface corporelle exposée.
L'avis de l'ANSES doit permettre à la France de combler son retard en Europe. À l'heure actuelle, du fait de la non-inscription aux tableaux des MP, les cas déclarés de cancers de la peau d'origine professionnelle dans l'Hexagone se comptent sur les doigts d'une ou deux mains. En Allemagne, qui a légiféré dès 2015, ce sont environ 5 000 cas ! Et naturellement, rapportés à leur population, les chiffres sont du même ordre de grandeur dans les autres pays ayant déjà reconnu cette pathologie : Danemark, Portugal, Suisse, Italie ou Belgique.
En invitant à « systématiser la réalisation d'un examen cutané lors des visites de suivi individuel de santé au travail » et à « réfléchir au déploiement généralisé de la télé-expertise via des plateformes sécurisées », l'ANSES entend favoriser la détection précoce des cancers cutanés d'origine professionnelle. Mais pour Pierre Cesarini, directeur délégué et porte-parole de La Sécurité Solaire : « L'inscription des cancers cutanés aux tableaux des maladies professionnelles dépasse la question de la prise en charge et de la réparation. Elle va renforcer la notification du risque UV dans le Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels des organisations et, on l'espère, déclencher des mesures de prévention primaire essentielles comme l'aménagement des horaires pour éviter les pics d'UV, la rotation des personnes aux postes les plus exposés, l'installation de dispositifs d'ombrage et, naturellement, la fourniture d'équipements de protection individuels adaptés ».
Pour aller plus loin :
Créée en 1994 et reconnue d'intérêt général, l'association Sécurité Solaire a pour objet la sensibilisation et l'information de la population sur les risques pour la santé liés aux surexpositions aux UV. Ses actions se déploient à travers de multiples axes : la prévention en milieu professionnel (programme Soleil & Santé au Travail), la diffusion des prévisions de l'Index UV (IUV), le déploiement de programmes d'éducation dans les écoles et dans les centres aérés, ainsi que l'assistance aux collectivités et aux professionnels de la petite enfance.
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