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Le comportement des Français au soleil

À la croisée des chemins entre l'épidémiologie et la sociologie, cette étude veut éclairer les acteurs de la santé publique mais aussi inciter les Français à modifier leur comportement au Soleil...

Imprimer cette page - Dernière mise à jour le 16/07/2008

Enquête menée du 23 juillet au 4 août 2006 sur dix plages françaises des Landes.

  • Promoteur : La Sécurité Solaire
  • Partenaires : INSERM, Faculté de Caen (Département sociologie), Niveasun
  • Auteurs : Jean-François Doré (Directeur de recherche - INSERM), Laurent Bocéno (sociologue), Pierre Cesarini (Directeur Sécurité Solaire)
  • Enquêteurs : Stéphanie Adou Rouet, Sébastien Anquetil, Mélanie Deniaux, Aurore Leboucher, Mathieu Mamberta, Mathilde Olivier (chef de projet), Clément Poutot (Coordonateur - chef de projet), Clémentine Thomas. Etudiants en sociologie (Master II - Faculté de Caen / sous la direction de Martine Déotte, maître de conférence)

Méthodologie

  • Des prises de vues analysées. Les enquêteurs, des étudiants en sociologie, aidés par les maîtres nageurs de la SNSM, ont photographié chaque jour une plage toutes les heures entre 10h30 et 18h30, sous les mêmes angles. Les photos ont permis de comptabiliser, heure par heure, le nombre de personnes dans l'eau, à l'ombre (au minimum le tronc), debout et couchés au soleil, portant un vêtement ou un chapeau...
  • Des observations et des questionnaires. Chaque matin, les enquêteurs s'installent sur une plage, observent « incognito » le comportement de groupes familiaux (2 enfants en moyennes par groupe) et consignent sur une grille les activités principales et les moyens de protection (crèmes solaires, chapeaux, vêtements, parasol...) utilisés. Lors du départ de ces groupes, les enquêteurs les abordent pour leur soumettre un questionnaire.

Résultats préliminaires

550 photos exploitables. 49 000 comportements durant cette période estivale. 77 groupes observés. 170 interviews.

L'analyse des premiers résultats montre que, si les Français ont conscience des risques liés à une exposition au soleil, leur comportement observé sur les plages n'est pas en phase avec ce qu'ils déclarent.

  • 24% des sondés affirment porter un vêtement dès lors qu'ils sont exposés au soleil. En réalité, 15% au maximum (en début et fin de journée) des vacanciers observés sur les plages portent un vêtement.
  • 30% des sondés déclarent porter le plus souvent un chapeau sous le soleil. En réalité, 5% au maximum des Français observés portent un chapeau quelle que soit l'heure de la journée.
  • 20 à 54% des sondés déclarent se protéger du soleil en restant à l'ombre sur la plage. En réalité, 8 à 10% au maximun des individus observés s'installent à l'ombre dans la journée.
Photos d'une plage prises à différentes heures de la journée.

Exemples de comportements d'inconscience identifiés sur le terrain

  • « À la plage, j'adore me mettre au soleil, j'ai pour habitude de faire seins nus, mais je me protège toujours avec une crème solaire SPF 60. » Mathilde 30 ans.
    Après observation, les enquêteurs se sont rendu compte que la jeune femme mettait bien une protection solaire FPS 60 mais uniquement sur les seins. Pour le reste du corps, elle utilisait de la graisse à traire.
  • « Oui, quand je vais à la plage et que je m'expose au soleil, je me protège avec de la crème solaire mais aujourd'hui je l'ai oubliée à la maison. Je pense que ce n'est pas très grave, c'est déjà ma seconde semaine de vacances, ma peau est déjà bien habituée ! » Gérard 45 ans.
  • « Nous partons toujours à la plage avec un parasol, c'est indispensable pour que toute la famille se protège du soleil. » Isabelle 37 ans.
    Après observation, les enquêteurs ont remarqué que le temps passé sous le parasol était dérisoire, voire inexistant, pour certains membres de la famille.
  • « J'ai un ami qui a une maison dans le coin, j'y passe tous mes étés. Je suis très actif sur la plage, je n'arrête pas entre baignades, raquettes et bains de soleil. Je ne me protège pas quand je vais au soleil, ma peau est habituée, je n'ai jamais de coups de soleil. » Marc 25 ans.
    « Ce n'est pas vrai du tout, tu m'as demandé de te mettre de la crème tout à l'heure car ta peau te brûlait et que tu avais mal. » Caroline 24 ans, petite amie de Marc. 

Des experts pluridisciplinaires

Jean-François Doré, directeur de recherche à l'INSERM : « L'analyse des photos prises sur les plages décrit mieux que toutes les enquêtes le comportement réel des Français et montre que des progrès considérables restent à accomplir dans le domaine de la photoprotection. Ce seul résultat est à lui seul très original et confirme notre hypothèse de départ : la réponse à un questionnaire mesure la perception du message de prévention et non le comportement réel. »

Jean-François Doré a développé son expertise en biologie cellulaire, biologie de la peau, cancers cutanés et santé publique. Titulaire d'un doctorat en biologie humaine de cancérologie expérimentale, Jean-François Doré dirige depuis 1990 des recherches sur les effets du soleil sur la peau. Il s'attache plus précisément à définir la réponse des mélanocytes humains aux expositions UV et coordonne des études épidémiologiques portant sur l'utilisation des crèmes solaires, l'apparition de naevus et la durée d'exposition au soleil. Membre de plusieurs sociétés savantes et groupes de travail, il a reçu, en 1969, le prix Rosen de Cancérologie de la Fondation pour la Recherche Médicale Française et appartient, depuis 2003, au conseil supérieur de Météo France.

Laurent Bocéno, sociologue : « Les comportements mis en œuvre dans cette étude ne peuvent être analysés uniquement dans leur complexité technique ou physique. Il est nécessaire d'y ajouter une dimension sociologique, celle d'une collectivité adoptant des normes, une dimension psychologique où l'individu mobilise une part de sa conscience individuelle, et enfin une dimension physiologique où l'individu prend justement conscience de son corps. Il est donc important pour nous demener de front toutes ces dimensions, de les confronter pour récolter une analyse beaucoup plus fine. »

Laurent Bocéno est Maître de Conférences au département de sociologie de l'Université de Caen/Basse-Normandie et chercheur au Centre Maurice Halbwachs - UMR CNRS 8097. Son travail prend place à la croisée de domaines et de disciplines comme l'ethnologie, l'anthropologie, l'environnement et la santé avec notamment des recherches, publications et conférences sur les attitudes et représentations liées à différents risques comme le sida, les effets sanitaires de la radioactivité, du tabagisme. Laurent Bocéno a travaillé sur cette étude sous l'autorité de Martine Déotte, maître de conférences à l'université de Caen et co-directrice du département de sociologie.

Pierre Cesarini, directeur de La Sécurité Solaire : « L'association Sécurité Solaire a pour mission de prévenir les effets négatifs des expositions solaires sur la santé, pour l'essentiel l'augmentation du nombre de cancers de la peau et de cataractes. Il est naturel de chercher à mesurer la réponse réelle du public aux actions de prévention. Cette étude est essentielle en la matière.»

Créée en 1994, à l'initiative d'un groupe d'experts scientifiques, l'association Sécurité Solaire, centre collaborateur de l'OMS soutenue par l'Institut National du Cancer, sensibilise et informe massivement la population sur les risques encourus lors de l'exposition au soleil. Grâce à une étroite collaboration avec un grand nombre de médias, La Sécurité Solaire propose au grand public des prévisions de l'index UV pendant la météo (échelle d'intensité du rayonnement ultraviolet solaire) accompagnées de conseils de protection. Parallèlement elle développe un grand nombre d'actions, sur le terrain notamment, à destination des enfants et de leurs éducateurs.

Morgane Jouot, Chef de groupe NIVEA SUN : « En tant que leader du marché, il était essentiel que NIVEA SUN s'engage dans cette étude au cœur de la vie de nos consommateurs et l'accompagne de toute son expertise. Ses résultats nous permettront d'être à la pointe de la connaissance de nos consommateurs et de faire progresser le marché des solaires. »

Créateur du marché du solaire en 1932 et présent dans plus de cinquante pays, NIVEA SUN s'est engagé dans de nombreuses actions de sensibilisation et d'éducation. C'est donc dans ce contexte que NIVEA SUN est le partenaire depuis 2004 de La Sécurité Solaire et travaille en étroite collaboration avec le COLIPA depuis 2005.

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